Six Feet Under, mon amour



– Alan Ball ; 2001 – 2005 –

avec :  Peter Krause, Michael C. Hall, Frances Conroy, Lauren Ambrose, Freddy Rodriguez, Rachel Griffiths…

Pour cette critique je vais tenter de résumer Six Feet Under à travers ma vision grandement subjective de l’œuvre. Le style sera peut-être moins cadré que d’habitude, mais sur le coup je ne peux pas m’empêcher d’écrire avec mon ressenti.

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La découverte

Six Feet Under et moi, ça dure depuis bien dix ans (ouai on est des amis de longue date sisi). Assise dans le salon avec ma sœur et ma mère, nous regardions toutes les trois la télé avec avidité. C’est donc dans mon cocon familial que j’ai fait la rencontre des Fisher, des Diaz et des Chenowith. Tout commence avec la mort. Oui, début paradoxal mais pas si surprenant pour une série consacrée aux pompes funèbres. Un après-midi, sur le chemin du retour, Nathaniel Fisher est au volant de son corbillard et appelle sa femme Ruth. Déconcentré, il ne s’aperçoit pas qu’un bus fonce tout droit sur son lui. C’est la mort de ce père de famille qui nous fournit une brèche pour entrer dans sa sphère privée : les Fisher. Les trois enfants, Nate, Claire et David se rassemblent autour de leur mère pour faire face à ce deuil commun. Celui-ci marque le retour de Nate dans la maison familiale qu’il a cherché à fuir pendant tant d’années. Très vite l’intrigue se concentre autour de lui, personnage authentique et déboussolé auquel on ne peut s’empêcher de s’attacher.

Au cœur des relations humaines

Dès le départ, on comprend que Six Feet Under est une série sans précédent, qui se penche véritablement sur l’humain. Le deuil est au cœur de l’œuvre et est source de conflits entre les diverses familles concernées. Chaque épisode s’ouvre sur une mort, banale ou complètement folle, et sur l’accueil de la famille par les Fisher. Rico Diaz s’occupe des corps au sous-sol et nous ouvre l’anti-chambre de la mort. Son travail de préparation du corps est présenté comme un art permettant aux familles de dire adieu à leur proche sans être directement confrontées à la réalité de la mort.

Les entretiens avec les proches, la préparation de la cérémonie sont autant d’étapes jalonnant ce processus de deuil. Cette longue démarche est aussi une épreuve pour les Fisher qui doivent mettre de côté leur propre douleur pour s’occuper de leurs clients. Difficile pourtant de rester calme et neutre quant tout s’effondre dans son propre camp. Suivre le quotidien de cette famille, c’est vivre ses disputes, rancœurs, doutes.

Cela peut sembler exagéré ou totalement niais, mais cette série m’a suivie pendant toute mon adolescence et les questions sociales, morales et émotionnelles qu’elle soulève m’ont fait évoluer. Il y a tellement de vies (et de morts) évoquées à travers ces cinq saisons (grandioses) qu’on ne peut pas ne pas s’identifier au moins à l’une d’elles. Alors que l’œuvre se base sur des exemples particuliers, elle invoque des situations qui sont universelles et qui ont fait écho à mes réflexions personnelles et à mes propres expériences.

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A en mourir de rire (oui c’est un mauvais jeu de mot, soit ok merci)

Ceux qui me connaissent un minimum ont du remarquer (un peu, nan ?) mon cynisme. Bon, loin de moi l’idée de faire de cette série le terreau de ma personnalité, mais mon humour explique mon amour pour cette œuvre. Le premier épisode est par exemple traversé de publicités absurdes et noires sur des cosmétiques et accessoires distribués aux maisons de pompes funèbres (glauque me direz-vous ?). Tous les personnages, volontairement ou malgré eux, entraînent le rire, certes jaune, du spectateur. Les Fisher sont une famille austère au sein de laquelle la parole se délie progressivement, jusqu’à exploser. Les dialogues se font piquants, cyniques, grinçants, pour notre plus grande joie ! L’humour est fin et recherché, pince-sans-rire. Six Feet Under représente mes moments-séries les plus déchirants mais sûrement aussi les plus jouissifs du point de vue humoristique. Gloire à l’humour noir !

Un long apprentissage

Pour tout vous avouer, j’ai du mal à condenser ces cinq saisons en un seul article. L’intrigue est composée d’une myriade de personnages dont la complexité ne se révèle que progressivement. Comme je l’ai dit auparavant, l’intrigue se partage entre trois familles : les Fisher, les Diaz et les Chenowith qui ont chacune leurs fractures. L’une des nombreuses réussites de la série est de réussir à plonger dans ces différentes histoires et de les creuser tour à tour pour donner au spectateur un réel sentiment d’appartenance à ces entités. On suit progressivement chaque personnage, chaque vie et avec eux nous nous construisons également.

J’ai toujours laissé beaucoup de place au cinéma dans ma vie, que ce soit des films, docus ou séries. Je ne pense pas que tout le monde partage mon avis là dessus, mais pour moi, certaines œuvres marquent une vie. Enlevez toute tonalité mélodramatique à mes propos et essayez de vous demander si l’une d’elles ne vous a pas fait voir la vie sous un autre angle, n’a pas influencé certains de vos discours ou choix. Je ne dis pas que mon esprit a assimilé certaines œuvres jusqu’à en faire des règles de vie, mais seulement que certaines d’elles ont modifié le regard que je portais sur le monde. Peut-être que Six Feet Under m’a absorbée à un moment favorable : l’adolescence, la recherche de soi et tout ce bazar. En tous cas elle m’a permis de relativiser, de comprendre certains aspects des relations humaines ou encore de me remettre en question.

Présenter la mort et ses conséquences aussi bien pour la victime que pour son entourage est un moyen d’explorer les relations humaines. Six Feet Under est un tableau vivant qui met l’homme et ses tourments au centre de sa toile. Ses personnages sont en lutte constante, aussi bien contre eux qu’envers ceux qui les entourent. Cette lutte s’applique aussi à la vie en général. Ce combat est un cri qui selon moi fait prendre conscience au spectateur de ce qu’est la vie et toutes ses composantes. Une question générale guide cette série : que faire de sa vie ? Cette interrogation semble certes banale, mais elle nous touche tous personnellement et nous poursuit tout au long de notre existence. Les questionnements et remises en question de Dave, Nate ou encore Claire sont autant d’échos à nos doutes personnels.

Cette œuvre est grandiose, sur tous les plans (musical, esthétique, scénique…). C’est une saga humaine, vous l’aurez compris, qui est pour l’instant la meilleure qu’il m’ait été donné de voir. Cet article est bien trop court devant un aussi vaste monument, composé de tant de réflexions et de valeurs. J’espère juste que mon article, cette fois purement subjectif et emphatique vous aura donné envie de vous plonger dans cette grande aventure ! Ps : n’hésitez pas à m’en donner des nouvelles.

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