Legend, un rôle pour Tom Hardy

Londres dans les années 60. Deux frères jumeaux : Reggie et Ron, tentent de fonder la mafia la plus influente de la capitale. Quel qu’en soit le prix.

L’épopée de Tom Hardy

Ray et Reggie sont deux frères jumeaux que tout semble opposer sauf une soif de pouvoir démesurée. Une voix off nous plonge dans les aventures des jumeaux, au coeur d’une mafia londonnienne en plein essort. Dès les premières minutes le spectateur est introduit dans le quotidien des deux gangster et regarde d’un oeil amusé les parades policières destinées à les pièger, en vain. Les dialogues fusent avec efficacité et humour et contribuent à créer cette atmosphère propre aux films de mafia, entre camaraderie et dangerosité. La violence ne nous est pas épargnée, bien au contraire. Scènes de combats et règlements de compte s’enchaînent à un rythme soutenu. Même si elles restent peu nombreuses, ces scènes ne nous épargnent rien et traduisent la folie dans laquelle peuvent plonger tour à tour chacun des jumeaux.

Tom Hardy incarne avec justesse ces deux personnages et réussit à leur donner une identité propre. Tant qu’on arrive à croire à l’existence de ces hommes bien distincts. Leur relation faite d’amour et de haine est creusée petit à petit, dévoilant partiellement toute sa complexité. Un lien de sang et d’amour lie ces deux frères que rien ne saurait séparer. Ces scènes d’une grande intensité doivent énormément à la performance époustouflante de Tom Hardy. Les moments de confrontation entre les deux frères sont marquantes de par leur intensité et raniment l’intérêt d’un spectateur parfois lassé par tant de longueurs. Leurs dialogues, souvent plein d’humour et de complicité, illuminent le film et valent la peine d’être vus. Malgré ses qualités et le talent de son acteur, le film n’en a pas moins de nombreuses lacunes qu’il est difficile d’ignorer.

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Un film décevant

Malgré le jeu quasi-irréprochable de son acteur principal, Legend n’arrive pas à tenir le rythme. Les débuts se montraient prometteurs, avec la découverte des deux héros et le comique de situations et de mots dont ils faisaient preuve. Toutefois, l’intérêt s’essoufle vite. L’histoire des jumeaux fait rapidement place à une histoire d’amour, introduite dès le départ par la voix off d’Emily Browning. L’actrice incarne ici Frances, future petite-amie de Reggie, le plus séduisant de la fratrie. Observer l’histoire depuis les yeux de Frances était un pari ambitieux et intéressant, offrant pour une fois la parole à une femme de mafieux, rôle auparavant peu mis en avant dans les films du genre. Pari ambitieux et saluable, mais non tenu. En effet, comme le remarque bien Ron, Frances est caractérisée par son manque cruel de caractère et une grande fragilité. La platitude du personnage pèse sur l’intrigue amoureuse et le film en général. Son point de vue n’apporte dès lors aucun intérêt hormis une constante plainte qui n’aura de cesse d’agacer.

Cette narration reste superficielle quant à l’intrigue première qu’était l’ascencion des deux jumeaux et leur arrivée à la tête d’un empire financier et politique. Brian Helgeland a voulu s’atteler à plusieurs points majeurs que sont : la relation amour-haine liant les deux jumeaux, l’histoire de Frances et Reggie ainsi que les péripéties des deux mafieux. Tant de chantiers pour si peu de résultats ! Malgré le jeu de Hardy, la beauté des images, une maîtrise des travellings (belle référence aux Affranchis de Scorsese avec cette entrée dans le night-club) et un départ prometteur ; Legend reste à la surface et ne creuse pas assez les points cités plus haut. La musique, omniprésente, semble vouloir combler cette absence évidente de profondeur et alourdit l’oeuvre au lieu de la sublimer. L’émotion manque devant des scènes se voulant saisissantes mais manquant cruellement d’intensité.

De ce film nous retiendrons donc la performance exceptionnelle de Tom Hardy qui ne suffit pas malheureusement pas à sauver le film de ses lacunes. Malgré quelques éclats ; d’humour, de beauté, d’émotions ; le film se montre plat, superficiel et bien trop long.

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