One Girl, Two Movies #1

On part pour une quatrième tournée ! Cette fois-ci petit changement : deux films vous sont présentés aujourd’hui, du fait de la longueur de leur critique. N’hésitez pas à partager vos impressions !

  • Le Labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli


Ce film allemand retrace l’aventure menée par un jeune procureur en quête de justice. Il est important de noter que ce personnage est la combinaison fictive des trois procureurs ayant réellement mené l’affaire. Alerté par un journaliste, ce dernier décide de prendre en main une enquête concernant les anciens soldats allemands affectés au camp d’Auschwitz-Birkenau. Confronté à plus de 8000 responsables, notre héros se heurte à l’hermétisme de l’Etat et de ses rouages. Protégés par le secret et une politique superficielle de dénazification, ces nazis en apparence repentis n’ont pas été punis pour leurs méfaits passés. C’est cette inégalité que souhaite corriger le procureur mais aussi alerter une opinion publique encore ignorante du passé de son pays.

Marqué par une esthétique et une réalisation somme toutes classiques, Le Labyrinthe du Silence n’en demeure pas moins un film efficace et touchant. La pugnacité de son personnage principal et les valeurs humaines que ce dernier porte font de cette oeuvre une épopée juridique passionnante. L’accumulation des témoignages et leur gravité représentent un moteur essentiel pour le héros qui souhaite mener à bien son entreprise et confronter les coupables. Il prend conscience des lacunes de sa propre connaissance concernant les meurtres perpétrés par l’idéologie nazie et ses acteurs ; lacunes qui reflètent plus globalement l’ignorance de la société allemande de 58. Cette révélation ancre plus précisément le film dans un contexte historique marqué par la reconstruction matérielle, politique et identitaire d’une Allemagne en crise. Cette situation d’entre-deux rend d’autant plus difficile l’enquête du héros et la révélation de ses découvertes.

Allégée par une histoire d’amour quelque peu superficielle mais qui a le mérite de montrer à quel point un métier peut interférer avec l’Amuuur, l’intrigue principale est marquée par un suspense non négligeable qui tient son spectateur en haleine tout du long. Le Labyrinthe du Silence met en lumière les procès de Francfort et l’initiative d’un homme en faveur des victimes de la Shoah. Cet épisode historique n’est que peu connu aujourd’hui et est essentiel pour comprendre à la fois notre histoire mais aussi celle de la justice. Ce film, marqué par un clacissisme esthéthique et une rigueur historique, est une oeuvre dotée d’une grande intelligence. L’attachement que le réalisateur suscite entre spectateur et héros lui permet d’aiguiller l’intérêt du public sur l’enquête juridique qui est au coeur du récit. Cette relation public-héros transforme cette quête judiciaire en aventure humaine et morale qui fait toute la force et l’impact de l’oeuvre.

  • La Sapienza de Eugène Green

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Un couple marié décide de partir en Italie pour concrétiser le projet architectural d’Alexandre. Séparés par la mort de leur fille trisomique, Alexandre et Aliénor n’arrivent plus à communiquer et leurs rapports ne sont que distance et froideur. Une rencontre inopinée avec Goffredo et Lavinia, frère et soeur du village, va bouleverser leur vie. Alors que Aliénor prend Lavinia sous son aile et décide de veiller sur son état de santé, son mari accepte d’emmener Goffredo dans une aventure aux airs de voyage initiatique. Les deux hommes, l’un architecte de renom et l’autre étudiant dans le domaine, vont se découvrir au fil des jours et nouer une complicité inattendue.

La relation entre les deux hommes est touchante parce que basée sur un apprentissage réciproque. Alors que le maître enseigne sa théorie à l’élève, ce dernier partage avec lui son innocence et sa sensibilité, deux traits de caractère qui ont déserté l’âme de cet homme éprouvé. Il est regrettable de voir que cette relation est la seule qualité d’un film qui souffre de sa pédanterie et de ses longueurs. Les dialogues, sensés traduire une communication brisée entre les hommes, sont ridicules de par leur académisme et le jeu de leurs acteurs. Cette insistance sur la prononciation est risible et exagérée. Les plans, lorsqu’ils ne montrent pas la beauté architecturale des lieux, ne sont que platitude et portraits inutiles. La Sapienza, pleine de promesses de beauté et de sens, est une remarquable déception à mes yeux qui ont subi l’épreuve de l’ennui et de l’exaspération.

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