Les Fils de l’homme, saisissant

– Alfonso Cuarón ; 2006 –

L’humanité devenue stérile, en proie aux attentats et catastrophes naturelles, tel est le scénario futuro-apocalyptique proposé par Cuarón dans Les Fils de l’homme. Ce film aux allures de documentaire nous plonge dans la dernière ville semblant résister aux maux pesant sur le monde : Londres en 2027. La capitale britannique s’est barricadée face aux menaces extérieures et doit son propre équilibre, dangereusement instable, à une dictature sans pitié. Répression policière, embrigadement des esprits et surveillance constante des frontières sont le lot de cette apparente sureté. Au milieu du chaos, un miracle s’est produit : Kee, jeune réfugiée menacée d’exil est enceinte. Prise en charge par un groupe terroriste appelé Les Poissons, la jeune femme devient rapidement l’objet de toutes les convoitises.

C’est ici que Théo, alias Clive Owen, entre en jeu. Sollicité par son ex-femme, ce fonctionnaire blasé va prendre en charge la fuite de Kee pour sauver son enfant d’un système totalitaire et corrompu. Le parcours de ces deux personnages va être semé de difficultés et de trahisons, les poussant à exercer toute leurs ruse et endurance sur les plans physique et mental.

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Le style documentaire de l’oeuvre tient ici une importance cruciale parce qu’il nous fait vivre cette aventure au plus près des personnages et maintient constamment un suspense à la limite du soutenable. La scène du camp de réfugiés est ici particulièrement représentative de cette course haletante à laquelle le spectateur participe malgré lui, tenu en haleine durant de longs plans séquences plein de réalismes et de virtuosité. La caméra portée retranscrit avec justesse la fuite de Théo à travers les décombres d’une ville en feu, et insuffle un rythme effréné au récit.

Ce thriller futuriste représente un tableau à la fois cynique et réaliste de nos sociétés actuelles. Alfonzo Cuarón y dénonce les politiques répressives visant à contenir voire stopper les flux migratoires, incarnés par des populations désarmées en quête d’une vie meilleure, loin des conflits et catastrophes humanitaires. À travers ses deux personnages principaux que sont Théo et Kee, le réalisateur nous rappelle que chaque être partage une même origine qu’est celle du genre humain ; origine ici symbolisée par cet enfant miraculé qui fédère progressivement autour de lui espoir et fraternité.
Ces positionnements idéologiques mais également l’esthétique, le rythme, la narration font des Fils de l’homme un film marquant sur le fond autant que sur la forme. Notons pour finir le jeu de Clive Owen, livrant ici une interprétation touchante, incarnant un homme droit mais non infaillible, doté d’une sensibilité et d’une force désarmantes.

Une secousse cinématographique, à voir.

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